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Samah LABIDI, praticienne en psychologie et psychothérapie à Toulon
Bien-être

Pourquoi avons-nous parfois du mal à profiter des moments heureux ?

Publié le

Pensive Morning by the Lake

Il nous arrive d'attendre longtemps qu'une situation s'améliore, qu'un projet aboutisse ou que notre vie devienne enfin plus sereine. Pourtant, lorsque les choses commencent à aller mieux, nous ne parvenons pas toujours à profiter pleinement de ce que nous vivons. Une inquiétude apparaît, notre esprit anticipe déjà la suite ou nous avons du mal à nous laisser simplement porter par le moment présent.

Pourquoi est-il parfois si difficile d'accueillir le bonheur lorsqu'il est là ?

Quand l'inquiétude ne nous quitte plus

Nous pouvons avoir le sentiment que notre vie s'améliore, que certaines difficultés se résolvent et que nous retrouvons un équilibre. Pourtant, notre attention semble toujours attirée par ce qui ne va pas. Une remarque au travail suffit à assombrir une journée pourtant agréable. Une difficulté passagère avec nos enfants prend le dessus sur tous les moments où les choses se passent bien. Même pendant nos loisirs, alors que nous sommes censés nous détendre, notre esprit continue de chercher ce qui pourrait poser problème.

Comme si nous avions du mal à nous satisfaire de ce qui va bien, comme s'il fallait toujours trouver quelque chose à anticiper, à corriger ou à résoudre.

À force de rester attentifs aux difficultés, nous pouvons développer une forme d'hypervigilance. Notre esprit se tient en alerte, prêt à repérer le moindre signe susceptible de troubler notre tranquillité. Cette vigilance peut nous donner l'impression de mieux maîtriser les événements, mais elle finit aussi par nous épuiser et nous éloigner de ce que nous vivons réellement.

Pourquoi avons-nous besoin de rester inquiets ?

Nous ne choisissons pas consciemment de nous inquiéter. Mais lorsque l'angoisse a longtemps occupé une place importante dans notre vie, elle peut devenir un mode de fonctionnement familier. Nous avons appris à anticiper, à nous préparer aux difficultés, à ne pas baisser la garde. Alors, même lorsque les circonstances changent, notre manière de les appréhender ne change pas forcément au même rythme.

Le calme peut alors nous sembler inhabituel, presque inconfortable. Sans nous en rendre compte, nous déplaçons notre inquiétude d'un sujet à un autre. Une préoccupation disparaît, une autre prend sa place. Ce qui nous inquiétait hier est réglé, mais notre esprit trouve déjà une nouvelle raison de rester en alerte.

Il ne s'agit pas de nier les problèmes ni de prétendre que tout va toujours bien. Il s'agit de comprendre pourquoi nous accordons parfois tant de place à ce qui ne va pas, au point de ne plus voir ce qui s'améliore.

Réapprendre à accueillir ce qui va bien

Prendre conscience de ce fonctionnement nous invite à regarder autrement nos inquiétudes. Lorsque notre esprit se fixe sur un problème, nous pouvons nous demander s'il nécessite réellement une action de notre part ou si nous sommes simplement en train de chercher quelque chose à surveiller.

Nous pouvons aussi nous interroger sur la place que nous laissons aux expériences positives. Est-ce que je parviens à apprécier ce que je vis, ou est-ce que mon attention se tourne presque immédiatement vers ce qui manque, ce qui pourrait changer ou ce qui risque de ne pas durer ?

Retrouver de la sérénité ne signifie pas ne plus jamais s'inquiéter. C'est progressivement apprendre à ne plus laisser l'inquiétude occuper toute la place, et accepter que certains moments puissent être vécus sans anticipation ni recherche permanente d'un problème.

Dans mon accompagnement, je m'intéresse à ce qui se joue derrière ces inquiétudes qui semblent parfois prendre toute la place. Comprendre pourquoi nous restons en alerte, même lorsque notre vie s'apaise, peut nous amener à explorer notre histoire, notre manière d'appréhender les événements et ce que l'inquiétude représente pour nous. Ce travail permet peu à peu de mettre du sens sur nos réactions, sans chercher à les faire disparaître à tout prix, et de retrouver une relation plus sereine à nous-mêmes et à notre quotidien.

Parfois, nous savons mieux nous préparer aux difficultés que profiter des périodes où la vie nous offre enfin un peu de répit. Et si nous apprenions aussi à accueillir ce qui va bien, sans attendre que tout soit parfait pour nous autoriser à être heureux ?

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