Quand on s’oublie en vivant pour les autres
Samah LABIDI, psychologue et psychothérapeute, accompagne de nombreuses personnes qui ressentent un vide intérieur, même lorsqu’elles multiplient les sorties, les activités et les relations. Ce vide n’est pas simplement lié à un manque de vie sociale : il traduit un manque à être, un manque à soi, une difficulté à exister pleinement pour soi-même.
Il naît souvent du fait que l’on vit pour les autres, pour leur approbation ou leur regard, et que l’on prend des décisions qui ne correspondent pas à ses désirs profonds, créant un décalage et une incohérence entre ce que l’on fait et ce que l’on veut réellement.
Le vide intérieur
Le vide intérieur est universel. Beaucoup le confondent avec le manque de compagnie, mais il peut surgir même lorsque nous sommes entourés. On peut avoir des amis, une famille, un partenaire, et se sentir profondément vide. Ce sentiment ne dépend pas du nombre de personnes autour de nous, mais de notre capacité à exister pour nous-mêmes.
Ce vide se manifeste comme une pièce laissée à l’abandon dans la maison de notre être, ou comme une flamme qui vacille faute d’attention. Il survient lorsque nous nous oublions, lorsque nous avons appris à exister pour les autres, à plaire, à rassurer, à éviter le regard critique, et que nous avons oublié de nourrir notre propre présence.
La peur de la responsabilité
Ce vide naît souvent d’une peur d’être responsable. Prendre pleinement sa vie en main, écouter ses désirs profonds et agir selon eux, c’est accepter d’assumer les conséquences de ses choix. Et cela fait peur : peur de se tromper, peur de ne pas être aimé, peur de se retrouver seul face à soi.
Dans nos choix professionnels, cette peur se traduit souvent par la crainte de prendre des risques. Une personne peut rêver de devenir artiste, entrepreneur ou chercheur, mais va choisir un métier « sûr » ou rassurant pour éviter l’incertitude ou le jugement des autres. Même lorsque ce choix semble prudent, il peut créer un vide intérieur, car il n’est pas aligné avec ses désirs profonds.
Dans les relations amoureuses ou amicales, ce mécanisme peut se manifester de deux façons.
D’un côté, certaines personnes restent dans des relations qui ne les nourrissent pas, par peur du conflit, de la déception ou du rejet. Elles s’adaptent aux besoins et attentes de l’autre, taisent leurs désirs, et finissent par s’effacer. Elles ne doivent plus être elles-mêmes, mais jouer le rôle que les autres attendent d’elles. Le vide intérieur s’amplifie car elles vivent pour les autres plutôt que pour elles-mêmes. De l’autre côté, certaines personnes n’osent pas aller vers des relations ou des situations qui les stimuleraient vraiment. Elles se retiennent par peur de ne pas être acceptées, d’être jugées, de ne pas correspondre aux attentes des autres. Elles se privent ainsi de rencontres, d’amitiés ou d’amour qui pourraient les nourrir profondément. Dans les deux cas, le décalage et l’incohérence entre leurs choix et leurs désirs profonds entretient le sentiment de vide intérieur.
Le cercle vicieux
Plus nous vivons pour les autres et fuyons notre responsabilité, plus nous nous éloignons de notre essence. Plus nous nous éloignons de nous-mêmes, plus le vide grandit. C’est un cercle vicieux : chercher à combler ce manque à l’extérieur ne fait qu’accentuer notre sensation d’incomplétude.
C’est comme porter un masque chaque jour : il protège, rassure, mais il empêche la respiration, étouffant peu à peu ce que nous sommes réellement. C’est comme remplir un vase percé : peu importe combien d’eau vous versez, il reste toujours vide. Ou comme boire de l’eau salée pour étancher sa soif : sur le moment, il y a une illusion de soulagement, mais en réalité le vide se creuse davantage.
Le vide intérieur agit aussi comme une pièce laissée dans l’ombre, où la lumière ne pénètre jamais, ou comme un feu de cheminée dont le bois est humide : on voit la flamme vaciller, mais elle ne réchauffe jamais vraiment. Ce vide est en réalité un signal, un appel à se reconnecter à soi. Il murmure : « tu t’es oublié, reviens à toi ».
Revenir à soi
Se libérer de ce cycle demande de revenir à soi. Cela passe par de petites actions concrètes : écouter ses besoins, reconnaître ses désirs, poser des choix qui nous appartiennent et non qui servent uniquement à plaire ou rassurer les autres.
Dans le quotidien, cela peut être aussi simple que de refuser une demande qui ne nous correspond pas, de choisir un projet professionnel qui nous anime vraiment, ou de passer du temps seul pour explorer ce qui nous fait vibrer. Dans nos relations, cela signifie oser exprimer ses limites, dire ce que l’on ressent vraiment, quitter une relation qui ne nous nourrit pas ou aller vers des liens qui nous stimulent profondément, même si cela ne correspond pas aux attentes ou à l’image que les autres se font de nous. Ces gestes, petits ou grands, sont autant de façons de réaffirmer notre présence à nous-mêmes.
Quand nous réapprenons à exister pour nous-mêmes, le vide intérieur commence à se transformer. La solitude cesse d’exister, car elle n’est plus liée à l’absence des autres, mais devient un espace de respiration et de présence à soi. Être seul physiquement ne fait plus peur, car nous ne sommes plus seuls avec nous-mêmes : nous sommes pleinement habités par notre vie, nos désirs et nos choix.
C’est comme réinvestir une maison abandonnée : chaque pièce retrouve sa lumière, chaque espace devient vivant, et l’on peut enfin circuler librement dans sa propre vie.

Une invitation
Le vide intérieur n’est pas un manque de compagnie mais une absence à soi. Tant que nous cherchons à exister à travers les autres, nous renforçons ce cercle vicieux de vide.
Revenir à soi, oser écouter ses désirs profonds et prendre la responsabilité de ses choix, c’est peu à peu retrouver un sentiment de complétude et redonner du sens à sa vie.
La confiance en soi est cette boussole intérieure qui permet de choisir son propre chemin. Mon rôle, dans l’accompagnement thérapeutique, est d’aider chacun à la retrouver pour avancer à nouveau dans une direction qui lui ressemble vraiment.
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